Peter Meuel

Pleins de jours tu vis, un jour tu meurs

Je suis triste de bonheur

Ouais, voilà, c’est dit: je suis triste. Triste, mais de façon heureuse, tout en nageant dans le malheur le plus total, teinté d’un rose pastel et des plus noires pensées depuis Faust.

Pour vous dire à quel point je suis triste, et pour vous donner une métaphore douce-amère dont la candeur n’aura d’égale que l’horreur, je peux vous dire que je suis triste comme Bambi quand sa mère vient juste d’être tuée, sous euphorisants, en train de se faire montrer les quartiers chic de Sodome par les vilains chasseurs, mais qui a du mal à ne pas aimer ça.

(Petite précision: Maman, la métaphore sur Sodome reste une métaphore, je te ferais des petits-enfants sans PACS et sans adoption dans pas trop longtemps… enfin, dès que j’aurais trouvé une candidate appropriée).

Si je suis aussi triste de façon aussi joyeuse, c’est pour une raison aussi simple que bête: je viens de m’enlever les poids que je me mettais aux pieds, quand ce n’était pas ailleurs (là encore Maman, simple métaphore).

L’avantage des poids qu’on se met tout seul à soi-même comme un grand, comme dirait Johnny, c’est qu’il s’enlève aussi facilement qu’ils se mettent, quand on est capable de se rendre compte que tout le malheur du monde n’est pas de notre fait, que de ne pas être parfait et plus encore n’est pas un crime, ce qui est beaucoup plus facile à dire qu’à faire.

Alors voilà, sur ce blog où traîne mon prénom et mon nom, je me sentais moins libre que sur mon blog où traînait mon pseudo. J’avais perdu le goût de la verve (Maman, relis-bien: verVe), le contenu mourrait au profit de … euh .. ben de rien en fait.

Le soucis de ce blog est qu’il est censé m’exposer à la pleine lumière de la clairvoyance de mes lecteurs, amis, anciens amis, connaissances et accessoirement… Directeur (et co-Directeur) de Thèse … Ouarf ouarf ouarf, n’est-ce pas ?

Et oui, ce n’est pas (un soucis), puisque le formuler me permet de constater l’absurdité du propos: vous, clairvoyant ? La bonne blague, n’est-ce pas ? ;) (Hormis bien sûr mon Directeur et co-Directeur de Thèse, dont la clairvoyance n’égale que l’intelligence, la grandeur d’âme y tutti quanti… Oui, je lèche des bottes et je vous emmerde :)

Donc voilà, je suis triste d’avoir été si longtemps le Père Fouettard de mon innocent cynisme et de mon odieuse gentillesse.

Billet écrit en 5 minutes, sans relecture et sans filet. Enjoy Baby. Teriiehina is back, and you know you’ll like that :)

M. Temaru, les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures

Les récentes déclarations de M. Temaru (Tahitipresse, Les Nouvelles de Tahiti) relancent l’éternel débat: l’indépendance de la Polynésie française.

Fruit d’un hypothétique complexe et d’un besoin orange d’épouvantail à agiter au nez de l’électorat polynésien, l’indépendantisme en Polynésie relève plus de l’idéologie que de la réflexion. L’indépendance, aussi attractive qu’elle soit, n’est pas un besoin. Le peuple n’a pas besoin d’être indépendant, il a besoin de manger, de se soigner et de s’accomplir en tant qu’être humain. L’indépendance en Polynésie n’est pas un besoin, c’est un luxe.

Deux points importants. Premièrement, une Polynésie réellement indépendante est forcément une bonne chose. Qui ne voudrait pas être son propre maître ? L’adolescente Polynésie française deviendrait une adulte Polynésie indépendante et montrerait à sa mère d’adoption, la France, qu’elle est maintenant grande.

Deuxièmement, la Polynésie est bien loin de cet âge adulte. Ne serait-ce que dans les mentalités et dans les compétences des “forces vives”, nous sommes bien loin du compte. Et c’est bien là le problème: l’indépendance dans l’état actuel des choses, elle fait peur! De ce qui se dégage actuellement, on sent la préparation d’une indépendance institutionnelle, théorique, avec à la clé très certainement “quelques” milliards de l’Etat français, qui fera par là une double bonne affaire.

Alors oui, oui, j’exagère. Dans d’autres parties du globe, des gens sont dans des situations qui font passer la Polynésie pour Beverly Hills ou Dubai. La révolution verte actuellement en Iran nous montre c’est qu’est une conscience citoyenne. Bien loin des marchandages de tapis de ces derniers mois.

Je veux bien rentrer aider, mais donnez-moi au moins l’illusion que ce n’est pas pour une cause perdue.

Merci d’avance.

Avec le temps, on s’habitue

Au café des philosophes du dimanche (a.k.a MSN), une conversation très intéressante a mis en exergue une faculté séculaire, mais toujours aussi étonnante, de l’être humain: l’habitude.

Cette habitude, qui amène à se réveiller au bout d’un certain nombres de matin à côté de la même personne et de se dire « mouais …. », cette habitude qui permet de vivre avec des événements aussi tragiques qu’immuables, cette habitude qui pousse les gens à préférer le pâté à la petite cuillère plutôt que le caviar à la louche.

Cette habitude donc qui est l’expression la plus mignonnette de l’éternelle insatisfaction de l’homme. Enfin …. je dis l’homme, mais d’après un certain bouquin, c’est une femme qui serait à l’origine de tout ce joyeux bordel. Oui Eve, ne fait pas comme si ce n’était pas toi.

De toute façon, si ce n’est pas toi, c’est Pandore, alors c’est kif-kif et puis c’est marre!

Mais bon, au final, comment faire pour ne jamais s’habituer, sans pour autant changer constamment ? Ah ha!

Réflexion à deux balles

Sergey Brin et Larry Page ont arrêté leur Ph.D pour fonder Google. Ca fait réfléchi(e)r, non ?

C’est con hein ?

Tous les jours, je viens sur ce blog en espérant voir une mise-à-jour de l’auteur-rédacteur-compositeur-interprète en oubliant à chaque fois que c’est moi.

C’est con hein ?

Hadopi, quelle connerie (tout court)

Parce que j’utilise ma rédaction de thèse comme excuse à fermer les yeux sur mes devoirs de citoyens mais parce que je veux que Google dise à tout le monde qu’Hadopi, c’est de la connerie, voici un lien vers un billet tout chaud du sieur Glazman: « Signé Furax”.

Je vous résume quand même un peu, à coup de citation:

Je l’ai déjà écrit ici, il suffit de 30 secondes à un enfant de dix ans pour mettre en place un contournement de la Loi totalement invisible et indétectable pour télécharger de la musique « illégalement ».

J’attends avec impatience qu’un client étranger de l’hôtel de Crillon utilise sa connexion Internet pour télécharger une musique ou un film. Le patron du Crillon pourra aller à pied râler à l’Elysée pour sa connectivité suspendue, il est voisin…

Mais il faut savoir aussi reconnaître que les artistes sont piratés parce que les canaux de distribution de musique et de film ont les yeux plus gros que le ventre et que le disque et le film ont atteint des prix inabordables pour la jeunesse

Je vais quand même y aller de mon petit commentaire personnel: cette loi d’une stupidité sans nom, sans borne, et j’espère, sans successeur, est, amha, issue de la volonté de la ministre concernée de faire parler d’elle, de se la jouer « ouais, moi aussi je fais des trucs qui change, je fais la rupture » et elle a été conseillé par les pires rapaces qui soient, ceux sus-nommés “canaux de distribution”.

Voilà ce qui arrive quand les décideurs sont trop éloignés de leur domaine de compétence. Si on a vraiment les dirigeants qu’on mérite, alors le peuple français a vraiment un mauvais karma.

Hadopi, belle connerie

Voilà, ça c’est fait, Hadopi est passé. Parce que je suis un gros fainéant, je vous laisse trouver les raisons de la connerie chez le sieur Glazman et chez le sieur Nitot. Mais pour une fois que je comprends les tenants et aboutissants d’une loi, j’applaudis (très ironiquement) des deux mains.

Où qu’ils sont les kikis ?

D’après une certaine page wikipédia, il y aurait a peu près 68 000 doctorants en France pour 9 000 soutenances.

Hein ?

Faisons le calcul. En exagérant, disons que la durée moyenne d’une thèse est de 5 ans (mais c’est beaucoup moins, du moins en 1998). Supposons également que la répartition entre chaque année est à peu près égale (ce qui n’est pas une supposition trop forte vu qu’il est extrêmement rare de redoubler une année en thèse, voire impossible).

Ainsi, dans chaque année, nous devrions avoir 68 000 / 5 = 13 600 soutenances, mais le chiffre réel est 9 000. Où qu’ils sont les 13 600 – 9000 = 4 600 kikis ?

Allez, faisons nous peur, la durée moyenne maximale (oui, j’aime les antagonismes) d’une thèse est de 4,2 années. Soit une répartition de 68 000 / 4,2 = 16 200 jeunes cerveaux frais et bien formés par année, soit un manque à gagner de 16 200 – 9000 = 7 200 de ces cerveaux apparemment plus très frais et qui ont été légèrement cabossés.

En fait, tragédie, drame, misère et horreur, l’article wikipédia sus-cité nous informe qu’“en moyenne presque la moitié des doctorants n’obtiennent pas le doctorat, l’abandon étant particulièrement important dans les disciplines SHS avec à peine un tiers de docteur alors que dans les sciences dites « dures », l’abandon est de 10%.

Et pour ceux qui aiment le concours de “c’est-moi-qui-ai-la-plus-grosse”: “Par compraraison, il y a 15 000 soutenance de doctorats en Allemagne.

Garçon, un café svp.

1h30 de sommeil. 30 minutes de train. Dans 20min, 2h de CM suivi de la même dose de TP. 4h à faire semblant de s’intéresser à des étudiants qui font semblant de s’intéresser à ce que je dis. Pas grave, ceux-là, je les aime bien.

Un café. Un seul ? Oui, vous avez raison: Garçon, un autre café. Beaucoup de café, peu de sommeil, j’ai un ami qui avait le même régime et qu’on est allé voir à l’hosto. Lever un peu le pied ? J’aurais le temps quand je tutoyerai St-Pierre, non ?

En filigrane de mes nuits blanches, au fond de mes classes, entre deux lignes de mon manuscrit, toujours cette même question qui vient me narguer: « tout ça pour quoi au fait ? ».

« Sur l’écran noir de mes nuits blanches… »

C’est moi le sseuf!

Le pouvoir, le contrôle, la force sont avant tout recherchés pour leur aspect superlatif: être le plus puissant, avec le plus de contrôle, avec la plus grande force. Sauf qu’on (i.e. quasiment tout le monde) oublie une certaine chose: tous les hommes sont égaux. Enfin, bon, quasiment égaux, on dira que la répartition du potentiel fait que nous sommes différents les uns des autres (comme ça je reste politiquement correct).

Mais gardons cette idée comme postulat: tous les hommes sont libres et égaux. Cela semble à peu près réaliste, pour peu qu’on n’habite pas en C**** du N*** ou dans d’autres pays que je ne veux pas citer ici pour ne pas mourir trop jeune. Bref, tous les hommes sont libres et égaux. Soit. Comment alors certains peuvent devenir plus fort que d’autres ? Par un mécanisme très simple: la délégation de pouvoir, i.e. le droit de décider pour les autres.

Dans certains pays, cette délégation est constitutionnelle et acceptée (aka des démocraties), dans d’autres pays on fait de très bons cigares. Bref. Prenons un exemple plaisant: une démocratie.

Dans la démocratie, l’électeur (qui passe bizarrement un examen pour conduire mais par pour voter) délègue une partie de son pouvoir à l’élu. Et c’est assez bizarrement qu’ici, la majorité de l’électorat oublie un détail essentiel: tout droit s’accompagnant forcément d’un devoir, la délégation du pouvoir à l’élu s’accompagne de l’obligation de ce dernier à rendre des comptes. Or, ces comptes ne semblent être demandés qu’aux élections (ou un peu avant, quand un candidat souhaite être sultan à la place du sultan).

Ainsi, la personne ayant le plus de pouvoir (tiens, au hasard, le Président) est tenu à rendre le plus de compte au plus grand nombre. Simple précision. Nous vivrons dans une citoyenneté éclairée lorsque les citoyens useront de ce droit avec raison (je n’ose dire “parcimonie”, ça sous-entendrait que les politiciens useraient de leur pouvoir de façon raisonnable, ce qui est de toute évidence une idée…. déraisonnable).

Ainsi donc, celui qui recherche le pouvoir pour en fait trouver l’indépendance vis-à-vis de la société se trompe. Plus on monte dans l’échelle sociale (que ce soit par le public ou le privé) on devient de plus en plus dépendant. Bon, arriver à un certain niveau, la dépendance se fait nettement moins sentir, c’est vrai ….. et c’est d’ailleurs à ce moment là que les haut perchés ne se sentent plus.

Tout pour dire quoi ? Qu’il est tard et que je devrais aller me coucher. Sur ce, bonne nuit :)