Peter Meuel

Pleins de jours tu vis, un jour tu meurs

Con, troll, zèd

A l’occasion du petit rafraîchissement d’une façade qui se délabrait (et bien que le thème Hemingway soit un “ancien” thème mais auquel je ne peux résister, autant pour sa sobriété que pour le nom), je me fends d’un billet, je vous impose une nouvelle torture. D’ailleurs, avant de commencer, je dois avouer que je n’ai jamais compris pourquoi vous veniez (et surtout continuiez à venir) lire mes inepties polysyllabiques. Enfin, bref, commençons.

Il y a à peu près une dizaine de jours, j’ai été réélu PR de la FAEPF. A ceux que ça ne dit rien, les AEPF sont l’équivalent de BDE pour les polynésiens, et la FAEPF rassemble leurs présidents. Pour ceux à qui ça parle: oui, bizarrement, tout s’est fait dans les règles. Certains argueront qu’être élu quand le seul autre candidat ne se présente pas n’est pas chose très ardue. Je répondrais que c’est totalement vrai.

J’ai donc l’honneur pendant un an (un petit peu moins en fait, nous verrons ce point plus tard), d’être le représentant de la jeunesse estudiante polynésienne en métropole (et d’ailleurs). J’ai choisi de rempiler pour une année, malgré les difficultés, malgré les incompréhensions, malgré les coups tordus de certaines personnes parce que je suis triste de voir l’organisation (ou plutôt l’absence d’organisation) des étudiants de Polynésie Française (PF) en métropole (FR). Nous avons des vies relativement facile et une chance d’autant plus grande. C’est un très grand bien. Le seul inconvénient est qu’à avoir une vie facile, on pense qu’elle le sera naturellement.

Or la PF rencontre depuis un certain temps, et pour un moment, des … quel est le terme exact déjà …. hmmm, ah oui: turbulences. L’état de la PF remplirait plusieurs volumes de mots savants et compliqués rédigés par des gens ayant un melon plus gros qu’une pastèque, il semble donc avéré que cela dépasse le cadre de ce billet. Retenons ce simple fait: nous sommes de jeunes polynésiens, et tout ce que nous avons connu est appelé à changer.

Dans tout ce schmilblick où, dans le meilleur des cas, on s’inquiète de son avenir ou, au pire, on se tire la bourre, il apparaît incongrue (le terme qui me vient en tête est suicidaire, mais je ne veux pas céder à la mode de 2012) de ne pas s’unir, dès le banc de l’université, pour préparer la PF 2.0. Mais nous ne sommes pas à une incohérence près, n’est-ce pas ?

Alors me voilà, armé de ma bonne volonté et de mon utopie, souhaitant montrer à “mes” chers étudiants que nous ne sommes pas seulement liés, mais bien dépendants les uns des autres. Quant aux initiatives concrètes, j’aurais la politesse d’en réserver la primeur aux délégués de la FAEPF, et puis, ça ne vous intéresse pas, si ?

Alcool

Je me souviens d’une époque où ma compagne du moment me rappelait dès qu’on abordait le sujet que boire, c’était déjà *trop* boire. Son histoire personnelle justifiait son point de vue. Mon histoire personnelle aurait pu adhérer à ce même point de vue. Il en était autrement.

Dans l’histoire de l’homme, il n’y eu aucune réelle qualité qui ne soit confronté à un quelconque vice. Qu’on le veuille ou non, qu’on croit à la philosophie du yin-yang ou au Dieu Flamby, l’être humain est duel (point que je retrouve avec plaisir dans la langue polynésienne).

Ainsi, à chacune de nos parcelles de lumières correspond une part d’ombre et nul excès, en “bien” ou en “mal”, ne saurait/devrait se justifier. Pour atteindre dès maintenant le point Godwin, rappelons avec ironie que parmis les “leaders” du siècle dernier (mais si, rappelez-vous, c’était il y a …. pfff presque 10 ans, l’adsl était en Ko et le président des USA était blanc), le seul végétarien alcoolophobe n’était pas le plus recommandable.

Je sais, le rapport peut sembler incongrue, mais l’homme ne trouvera jamais autant de force que lorsqu’il essaie de justifier ses faiblesses. Pour ma part, j’ai choisi le parti d’un autre homme d’histoire, symbole d’intelligence, de sagesse et de bon vivant.

Soit, trêve de billevesée, quel est donc le propos de tout ce babillage. Il n’en est nul autre que celui de divertir mon esprit happé entre l’explication de la construction d’espaces à dimensions variables et la constitution d’un modèle de bilan comptable commun à un certain ensemble d’associations.

Il a aussi pour point commun avec les précédents billets, que j’ai pris soin de placer hors de vos vue mais à portée de vos claviers, un taux d’alcoolémie inavouable.

Oh, rassurez-vous, il ne s’agit pas d’une alcoolémie triste ou bon marché, à base de bière ou de vodka. Non non non. Il s’agit d’une saine et laborieuse alcoolémie, à base de scotch single malt 12 ans, et d’une sincère et franche envie de rendre le monde meilleur.

Que je sois atteint de potomanie instantanée si je mens. Car c’est bien seule l’accomplissement de ma noble tâche, et par là même la réalisation de mon humble personne, qui me pousse à m’intoxiquer de ce noble éthanol.

Ami du soir, bonsoir.

Je ne suis plus un branleur (sic)

Où, Où, OÙ ?

Où est donc passé la vigueur musculaire de ma prime adolescence ? Ou est passée la fluidité de mes tendons et de mon cartilage, m’autorisant l’obscène répétition de cette lubrique pratique, asséchant autant l’esprit que les bourses ?

Oh, priapique pratique, toi à qui j’ai donné mes plus belles soirées, pourquoi donc m’as-tu abandonné ? Que n’ai-je donc pas fait pour te contenter, pour m’agenouiller devant toi tel un moine devant son vin, métaphore d’une divinité, pourquoi pas Eros, matérialisé dans notre bas monde ….

Car oui, oui, tel est mon amer constat, ma si fébrile ardeur semble avoir suivi la courbe des marchés mondiaux et pointe maintenant au plus bas. Oh, dieu, quelle tristesse que de ne plus tirer plaisir et jouissance d’un souillage de mes draps à la désespérante blancheur.

Et pourquoi diable attache-je une telle importance à l’activité de mon poignet ? N’ai-je pas la plus délicate et sensuelle des demoiselles, bien que distante, pour combler mes indécentes ardeurs ? D’ailleurs, ne serait-ce pas un artifice, une inconsciente stratégie, destiné à tempérer ma fouge dans l’attente de la réalisation de mes vils désirs ?

Je ne le pense (malheureusement) pas. Car depuis plusieurs semaines, mon (ancien) principal vice a capitulé devant plus forts que lui. Alcool et Tabac, deux compères ayant fait les grandes heures d’Al Capone, se sont installés en grand seigneurs. Rien de moins qu’un D4 ne trouve grâce à mes yeux et tout alcool ayant séjourné moins de 10 ans en fût m’irrite fortement le palais. Suis-je donc devenu, à l’insu de mon plein gré, un de ces vulgaires snobs qui privilégie forme au fond ?

Seule l’Histoire (oui, avec un grand H) nous le dira. Car oui, c’est bien dans l’Histoire que s’inscrira l’activité de mes gonades! Je le (re)dis sans peur et sans reproche: c’est dans l’Histoire que s’inscrira l’activité de mes gonades!

Un point, c’est tout.

Paris, ville de fou

Le poids des années se fait sentir (à 25 ans … ha ha ha …), je deviens moins ouvert d’esprit, moins prompt à la remise en question, en clair: plus con.

Signe de connerie ou de clarté, l’un n’étant jamais loin de l’autre, cette petite phrase résonne en moins depuis le début de mon séjour/attente dans la ville-lumière: “Paris est une ville de fou”. Et quand je dis “fou”, je ne parle pas du sens « ouah-trop-guedin-la-race-de-sa-mère » ou « non-mais-oh-faut-se-calmer ». Non, je parle bien de “fou” au sens premier du terme, à savoir: “qui a perdu la raison”.

En ce sens, je rejoins un peu Attila, roi des Huns (et des autres, ha ha ha) disant que “les villes [étaient] des fléaux pour l’homme”. Bon, l’origine de la citation est sujette à caution, mais je préférais l’attribuer à Attila plutôt qu’à Oscar Wilde, ça collait mieux au personnage.

Mais alors Peter, dis nous donc Peter, pourquoi donc Peter, trouves-tu Peter, les Parisiens fou ? Ne vous emballez pas, tempérez vos ardeurs, la voici, la voilà, la folle (sic!) raison de ma récente et indicible aversion pour l’habitant de la capitale française: le regard.

Il existe plusieurs regards parisiens, des plus mornes aux plus vils, en passant par les plus véhément et les plus dédaigneux. Mais dans cette mer de regards noirs, dans cette brume de globules hostiles, où se cache donc la paire de diamants illuminant une nuit comme en plein jour ?

J’ai une réponse pour ma petite personne: sur une petite île, et sur le départ pour venir me jeter une bouée de secours dans cet océan de belliquosité qui me rend aussi apeuré qu’un gamin de 5 ans devant aller attacher le chien au fond de la cour.

Ô toi mon ami rural, toi que les lumières de la ville hypnotisent comme le mori paruru attire l’innocent papillon voué à une fin de phœnix (sans la réincarnation syndicale), soit averti, vient, toi aussi, te transformer en tigre d’inhumanité, vient donc échanger la joie de vivre contre la si confortable couverte d’anonymat et de tranquillité que confère l’habitat des villes de millions d’âmes ne rêvant qu’à une chose: une maison dans un coin pur et boisé.

Ironie. Ire honnie. Parisiens, parisiennes, je vous hais-me. Moi non plus.

Pour une Polynésie 2.0

Billet à paraître prochainement sur Politita. Comments welcome.

Le web 2.0 est une (r)évolution de l’usage de l’internet, le rendant plus accessible à M. tout-le-monde.

Faisant des études en informatique, c’est un concept que je manipule quotidiennement et qui m’a toujours plu en vu d’une application à la Polynésie, véritable laboratoire aux possibilités quasi-infinie.

La Polynésie 2.0 est ainsi une idée dont l’évidence peut paraître affligeante. Un territoire aussi étendu et hétérogène, démorgaphiquement comme économiquement, ne peut que profiter des TIC. De plus, l’arrivée “imminente” du câble nous offre, attention à l’enfonçage de porte ouverte, de nouvelles possibilités. Lapalisse n’aurait pas dit mieux.

Plus encore que les projets économiques (centre d’appels 24/24, data center, data bank…), plus encore que les projets d’administration électroniques, c’est le projet citoyen qui est au cœur de la Polynésie 2.0.

Dans une Polynésie où les débats à l’Assemblée seront retransmis en direct avec transcription instantanée des débats, où les parutions au Journal Officiel seront intégralement consultables par recherche, dans une Polynésie où les statistiques pourront être consultés avec la même facilité qu’un outil tel que Gapminder, le citoyen moyen pourra aller demander des comptes à ses élus sans aucune hésitation, en une (quasi-)parfaite connaissances de cause.

Soyons juste: l’Assemblée propose déjà les séances en streaming audio et vidéo sur son site, et les différents textes juridiques sont relativement facilement trouvables.

Mais la “vraie” Polynésie 2.0 s’accomplira quand tout un chacun pourra mettre en relation ces différentes données. Et puis, les données les plus importantes qui manqueront toujours à une vraie démocratie: l’activité publique de nos politiques, ainsi que leur patrimoine. Mais gardons l’utopie pour demain.

J’avais demandé il y a quelques jours à l’ISPF un échantillon de leur base de données afin de construire un outil comparable à GapMinder. Le deal était, de mon point de vue honnête: en échange de leurs données, je leur rendais un outil, dont ils pouvaient demander des fonctionnalités, libre de droit. L’outil en question aurait ensuite était consultable sur le site de l’ISPF ainsi que sur celui de Politita.

J’ai reçu une réponse en forme de “Tu es gentil, mais il ne faut pas déranger les grandes personnes”. Demain n’est pas pour tout de suite. Et puis, qui sait, seuls les imbéciles ne changent pas d’avis.

Pour terminer, une petite vidéo pour nos lecteurs anglophones:

Juste en passant

Mickael est mort. C’est si grave ?

Bonne nouvelle

Etat de remplacement de mon iPhone 3G

Le paradoxe du CNRS

reçu il y a quelques minutes dans ma boite mèl du LIRMM:

Bonjour,

Dans ses recommandations du 15 et 16 juin 2009, le Conseil Scientifique du CNRS s’est prononcé sur la création Création d’un INstitut des Sciences Informatiques et de leurs Interactions (INS2I).

« *Le Conseil scientifique* réaffirme l’importance de l’enjeu de l’informatique pour l’ensemble des disciplines du CNRS avec la nécessité de renforcer la stratégie du CNRS dans ce domaine mais, il *constate qu’il n’y a pas, à ce stade, d’arguments scientifiques pour justifier la création d’un Institut des sciences de
l’informatique*. »

Au prochain carrefour, tournez à …

Aux carrefours de nos vies, (ou aux Auchans, ou aux Leclerc, c’est comme vous préférez), le choix de la bonne direction est une vraie gageure, pour ne pas dire un paradoxe.

AVERTISSEMENT: ce billet contient, comme tous ses grands frères, un bon gros paquet de masturbation intellectuelle de mauvaise qualité, dont le seul intérêt possible est de conforter mes con-génères com-pagnons d’infortune qu’ils ne sont pas seuls à se regarder le pito.

Je répétais jusqu’à il y peu qu’il était impossible de se poser trop de questions, et que dans la plupart des cas, on se posait seulement les mauvaises questions, mon avis étant qu’une mauvaise question n’est pas une vrai question. Comme il n’y a que les abrutis qui ne changent pas d’avis, après un petit moment de réflexion, je suis heureux de vous annoncer que je suis un abruti :)

Car mon avis ne change pas: on ne peut pas se poser trop de questions, seulement de mauvaises questions. Éludons donc les “Qui suis-je ?”, “D’où viens-je ?” et autre “Où vais-je ?” pour un bien plus intellectuel et pragmatique: “Et maintenant ?”

Les amateurs de philosophie (et les plus savants également) sauront vous décrire les différents courants philosophiques (de Socrate et son 110v à Nietzsche et son 220), les philosophies du bonheur comme du malheur et surtout, surtout, la plus intéressante et bizarrement la pas très connue: Philosophie du quotidien.

Car oui, oui, oui, il est possible de philosopher de, dans, pour la vie de tous les jours sans forcément se ballader avec une chemise blanche ouverte sur un torse qui ne manquerait rien à être plus couvert. La preuve: ma chemise est constamment fermée sur mon torse qui gagnerait à être moins couvert :)

Soyons franc: mon inculture philosophique n’a d’égale que la votre. Voilà, comme ça, vous être sûr de ne rien apprendre dans ce billet. Mais pour autant, ma motivation n’est pas nulle, même forte, pour ne pas dire intéressée, puisque le tourbillon des affres de l’insoutenable légèreté du quotidien (ne vous fatiguez pas à le penser, je vais l’écrire pour vous: “la culture c’est comme la confiture….”) me taraude au moins autant que vous.

Donc! Où en étions-nous ? A force d’étaler une culture que je n’ai pas, je perds le fil. L’avantage du blog, c’est que

  • ça ne gaspille pas de papier
  • si vous n’êtes pas lu, cela ne se verra pas puisqu’une grosse pile d’invendus n’ira pas décorer une quelconque poubelle

Bon, alors ? donc ? Oui, voilà, voilà, on y revient. Carrefour du quotidien ordinaire, choix de direction, GPS de l’a-priori. Donc ?

Ben rien.

Telle mère, tel fils

Demain je passe la journée avec Tatie Véro, on a hâte de se voir. On se fait une journée plante et un resto au district, ce qui correspondrait à Paris à l’expo sur le Tibet et ensuite quelques macarons de chez Ladurée.