Peter Meuel

Pleins de jours tu vis, un jour tu meurs

Pourquoi j’ai fermé mon compte FB

Ce soir, j’ai désactivé mon compte FB. Pour plusieurs raisons:

  • FB est le temple de la procrastination,
  • les questions de plus en plus inquiétantes sur le respect de la vie privée par FB font sérieusement réfléchir,
  • je suis dans une période de minimalisme aigüe,
  • au final, FB, ce n’est pas plus utile que fun.

Je vous rassure, je ne retourne pas habiter dans une caverne, et je garde mon twitter. Et puis FB, c’est dépassé. Maintenant, on tumblr.

edit: dans la foulée et pour ne pas faire de jaloux, je viens également de fermer mon compte linkedin.

Personal reminder

  • The iPad is awesome. Lacking stuffs (webcam), unknow ones (BT mouse & keyboard ?), good ones (iBooks), very good ones (everything else).
  • Freelancing is as easy as pushing cactus up your ass, but once you realize you don’t really need to be a slave, it goes easier
  • I bought one of Haumaru’s pictures (the Fa’a'ati Auahi one, 50×70), free international shipping for the fans of his facebook fan page. Go get them!
  • I have been disappointed for a few hours that I bought a KindleDX a few days prior to Apple last game-changing toy, and even printed the return labels but as the iEverything won’t be available before 60 days, I will certainly stick for good with my low-tech, 4-colors display, no-wifi, browser-as-a-joke ebook reader
  • /me wants iPad
  • read T4HWW Expanded and Updated. Yes, it is an order
  • 2010 should be the year I become humble. Already laughing about this one :D

Freelance

Alors ça y est. J’intègre doucement mais sûrement la folle information que celle qui dit que je ne suis plus doctorant mais bien docteur. Je me suis réveillé quelques fois en sursaut, les jours suivant ma soutenance, en pensant que j’étais au jour J.

Mais cela est derrière moi, cela fait partie du passé. Quand j’étais jeune. Maintenant, c’est vraiment du vrai sérieux, du vrai de vrai, avec des factures à payer, de l’argent à voler trouver et un choix de prisoncarrière à faire.

Homeless.

Déménagement fini. Caution in ze pocket. En route vers la prochaine étape.

Ça déménage

Les placards se vident, les murs se lissent, je déménage. Le frigo résonne du bruit du néant, ma corbeille à linge n’a plus rien à se mettre sous la dent, je déménage. Je mange tous les soirs dans un quelconque fast-food (“harrisa-mayo svp”), la seule boisson qu’il me reste est un simple single malt des Highland, je déménage. Au final, jamais mon si maniaque bordel n’aura été si bien rangé, au final, jamais je n’aurais pensé que cet appartement était aussi grand, au final, je déménage.

On s’imagine, jeune, parcourir le monde, aller à gauche, puis à droite. Et revenir à gauche. Et se souvenir de la droite, etc etc… Pourtant, on ne prend pas souvent conscience que cette vie à moitié casanière d’étudiant polynésien en métropole relève pas mal d’une vie de globe-trotter, avec au moins 36 000 km parcourus chaque année. 36 000. Des satellites orbitent autour de la Terre à une telle altitude.

Mine de rien, les souvenirs, et le bordel, s’amoncellent. On pense avoir une simple vie, on se retrouve avec des albums photos de plusieurs kilos, des répertoires avec 15 Kévin et 32 Sophie, une garde-robe tel qu’on ne comprend plus pourquoi on n’avait rien à se mettre.

Il paraît que 300 mots suffisent à comprendre n’importe quelle langue. Bon, il semblerait que ce soit un peu plus. La langue française étant sans doute la plus complexe au monde (avis personnel au vu de l’adoption massive du langage dit SMS), si apprendre 300 mots suffisent à comprendre le français, ça doit être pareil dans n’importe quelle autre langue. Bref, tout ça pour dire qu’il paraît que 300 mots suffisent à comprendre une langue. Mais est-ce qu’une vie d’étudiant pourrait se résumer en 300 mots ?

Bien sûr, biture et luxure viendraient en premiers. Puis d’innombrables adjectifs que l’on cacherait sans succès à nos parents (ils sont passés par là, ne l’oublions pas). Mais ensuite ? Voyage ? Découverte ? Amour ? Passion ? Trahison ? Et puis quoi ? 10 sentiments, 20 émotions, 30 rencontres, emballé, c’est pesé.

Il y a toujours, dans mes solitaires vidages de scotch, un pouillème d’instant de lucidité sans pareille, qui renverse le monde tel que je le conçois, et qui me fait le voir tel qu’il est. Pour ma santé mentale, ce n’est qu’un pouillème. Parfois, lorsque Dyonisos m’a à la bonne, ou au contraire, qu’il veut se jouer de mon malheur, il m’offre quelques secondes de cet état. Salaud va !

Mais se laisser bercer au son du flot de ces vagues de malt m’offre un salutaire réconfort, celui de voir l’envers du décor. Tel le décor que je décroche lentement et méthodiquement de ce bout d’immeuble que j’ai occupé pendant 3 ans. J’aurais été, pendant 6 ans, un montpelliérain ingrat. Je n’ai pas fait une seule fois le festival de guitare. Je ne suis pas allé une seule fois à l’opéra, alors que certaines œuvres me faisaient du pied. Disgrâce de l’étudiant: je n’ai vomi dans aucun bar. Pardon Montpellier.

Putain, 6 ans.

C’est rieux

Le temps où raconter des bêtises alcoolisées semble s’éloigner. Le temps de l’insouciance, qui n’aura duré que quelques jours finalement (j’ai fini mes études depuis moins de deux semaines) semble n’avoir été qu’un doux rêve.

Soyons honnête, je commençais déjà à en avoir marre ;)

Noyeux Joël

Les pantagruéliques mets de Noël se battent pour trouver une place sur la table. En ces temps d’inique globalisation, sachant profiter ce qui ne serait durer. Jeunes, n’oubliez pas le doliprane avant d’aller dodo. Vieux, ce sera un cachet de citrate de bétaïne.

Beaucoup de choses changent.

Beaucoup de choses changent, se bouleversent. Les piliers des certitudes sont ébranlés par les flots de l’inconnu et on se jète en avant car tout nous pousse par derrière. L’allure n’est pas vive, elle est juste constante. Nul n’a le droit de s’arrêter pour souffler car le train n’attend personne.

Dans ce tumulte sans bruit, sans heurts, où la constante mobilité prend l’apparence d’une prompte immobilité, beaucoup de choses changent. Sans que rien ne se passe. Une goutte tombe, une journée passe. Une goutte tombe, une nuit se finit. Une goutte tombe, beaucoup de choses changent.

En 6 ans, il s’en sera passé, des choses, il s’en sera changé, des choses. Des petites. Des grandes. Des qu’on ne voit qu’une fois dans sa vie. Des qu’on voit tous les jours de sa vie. Il est 19:00, et ma vie change. Que je le veuille ou non. Vouloir l’attraper revient à vouloir mettre l’air en bouteille. Quelque soit la taille de la bouteille, il y en aura toujours plus dehors que dedans. C’est ce qui fait rire, c’est ce qui fait vivre. C’est ce qui fait peur.

J’ai vu, j’ai connu, j’ai bu. Tu es venu, tu m’as cru, tu m’as vaincu. Elle est arrivée, elle m’a regardé, elle m’a sauvé. Il est toujours trop tôt pour comprendre le poids des croisements de nos vies. Nous sommes toujours trop petits pour distinguer ce bel entrelacement d’âmes qui forme au final le tissu supportant nos mémoires.

Les choses arrêteront un jour de changer. Cela s’appelle la mort. Certains pleureront. D’autres riront. Toi, qu’est-ce que tu feras ? Je respire, tu respires, il respire. Et beaucoup de choses changent.

Con, troll, zèd

A l’occasion du petit rafraîchissement d’une façade qui se délabrait (et bien que le thème Hemingway soit un “ancien” thème mais auquel je ne peux résister, autant pour sa sobriété que pour le nom), je me fends d’un billet, je vous impose une nouvelle torture. D’ailleurs, avant de commencer, je dois avouer que je n’ai jamais compris pourquoi vous veniez (et surtout continuiez à venir) lire mes inepties polysyllabiques. Enfin, bref, commençons.

Il y a à peu près une dizaine de jours, j’ai été réélu PR de la FAEPF. A ceux que ça ne dit rien, les AEPF sont l’équivalent de BDE pour les polynésiens, et la FAEPF rassemble leurs présidents. Pour ceux à qui ça parle: oui, bizarrement, tout s’est fait dans les règles. Certains argueront qu’être élu quand le seul autre candidat ne se présente pas n’est pas chose très ardue. Je répondrais que c’est totalement vrai.

J’ai donc l’honneur pendant un an (un petit peu moins en fait, nous verrons ce point plus tard), d’être le représentant de la jeunesse estudiante polynésienne en métropole (et d’ailleurs). J’ai choisi de rempiler pour une année, malgré les difficultés, malgré les incompréhensions, malgré les coups tordus de certaines personnes parce que je suis triste de voir l’organisation (ou plutôt l’absence d’organisation) des étudiants de Polynésie Française (PF) en métropole (FR). Nous avons des vies relativement facile et une chance d’autant plus grande. C’est un très grand bien. Le seul inconvénient est qu’à avoir une vie facile, on pense qu’elle le sera naturellement.

Or la PF rencontre depuis un certain temps, et pour un moment, des … quel est le terme exact déjà …. hmmm, ah oui: turbulences. L’état de la PF remplirait plusieurs volumes de mots savants et compliqués rédigés par des gens ayant un melon plus gros qu’une pastèque, il semble donc avéré que cela dépasse le cadre de ce billet. Retenons ce simple fait: nous sommes de jeunes polynésiens, et tout ce que nous avons connu est appelé à changer.

Dans tout ce schmilblick où, dans le meilleur des cas, on s’inquiète de son avenir ou, au pire, on se tire la bourre, il apparaît incongrue (le terme qui me vient en tête est suicidaire, mais je ne veux pas céder à la mode de 2012) de ne pas s’unir, dès le banc de l’université, pour préparer la PF 2.0. Mais nous ne sommes pas à une incohérence près, n’est-ce pas ?

Alors me voilà, armé de ma bonne volonté et de mon utopie, souhaitant montrer à “mes” chers étudiants que nous ne sommes pas seulement liés, mais bien dépendants les uns des autres. Quant aux initiatives concrètes, j’aurais la politesse d’en réserver la primeur aux délégués de la FAEPF, et puis, ça ne vous intéresse pas, si ?

Alcool

Je me souviens d’une époque où ma compagne du moment me rappelait dès qu’on abordait le sujet que boire, c’était déjà *trop* boire. Son histoire personnelle justifiait son point de vue. Mon histoire personnelle aurait pu adhérer à ce même point de vue. Il en était autrement.

Dans l’histoire de l’homme, il n’y eu aucune réelle qualité qui ne soit confronté à un quelconque vice. Qu’on le veuille ou non, qu’on croit à la philosophie du yin-yang ou au Dieu Flamby, l’être humain est duel (point que je retrouve avec plaisir dans la langue polynésienne).

Ainsi, à chacune de nos parcelles de lumières correspond une part d’ombre et nul excès, en “bien” ou en “mal”, ne saurait/devrait se justifier. Pour atteindre dès maintenant le point Godwin, rappelons avec ironie que parmis les “leaders” du siècle dernier (mais si, rappelez-vous, c’était il y a …. pfff presque 10 ans, l’adsl était en Ko et le président des USA était blanc), le seul végétarien alcoolophobe n’était pas le plus recommandable.

Je sais, le rapport peut sembler incongrue, mais l’homme ne trouvera jamais autant de force que lorsqu’il essaie de justifier ses faiblesses. Pour ma part, j’ai choisi le parti d’un autre homme d’histoire, symbole d’intelligence, de sagesse et de bon vivant.

Soit, trêve de billevesée, quel est donc le propos de tout ce babillage. Il n’en est nul autre que celui de divertir mon esprit happé entre l’explication de la construction d’espaces à dimensions variables et la constitution d’un modèle de bilan comptable commun à un certain ensemble d’associations.

Il a aussi pour point commun avec les précédents billets, que j’ai pris soin de placer hors de vos vue mais à portée de vos claviers, un taux d’alcoolémie inavouable.

Oh, rassurez-vous, il ne s’agit pas d’une alcoolémie triste ou bon marché, à base de bière ou de vodka. Non non non. Il s’agit d’une saine et laborieuse alcoolémie, à base de scotch single malt 12 ans, et d’une sincère et franche envie de rendre le monde meilleur.

Que je sois atteint de potomanie instantanée si je mens. Car c’est bien seule l’accomplissement de ma noble tâche, et par là même la réalisation de mon humble personne, qui me pousse à m’intoxiquer de ce noble éthanol.

Ami du soir, bonsoir.